Manchester United – Arsenal : 1-0
But : O'Shea (17e)
Si hier soir nous avions droit à une rediffusion d'un classique moderne de la C1 avec ce duel entre Barcelone et Chelsea, pour cette soirée de mercredi, c'est un tout nouvel opus qui attendait les férus de football européen. En effet, il se tramait une demi-finale inédite à Old Trafford entre une équipe de Manchester United qui veut garder sa suprématie européenne et une équipe d'Arsenal qui se verrait bien atteindre la finale, trois ans après celle perdue contre Barcelone.
Happy birthday Johnny
On se penche alors vers les statistiques pour obtenir les clés d'un affrontement sans précédents au stade des demi-finales de la compétition reine des clubs. Sous la conduite simultanée de Wenger et Ferguson, les Gunners l'ont emporté 14 fois pour 13 défaites et 10 nuls. Toutefois les Mancuniens avançaient plus confiants, présentant une invincibilité de vingt-trois matches sans défaite en Champion's League depuis deux ans, et étant invaincus à Old Trafford dans cette même compétition depuis vingt rencontres. De quoi espérer le meilleur pour cette demi-finale aller pour le tenant, qui marquait son territoire dès la deuxième minute avec cette une tête croisée signée Rooney qu'Almunia sauvait du bout des doigts sur sa ligne. Un prélude de ce qu'allait être la rencontre car qu'on se le dise, le portier espagnol, fréquemment sollicité par le trio magique Tévez – Rooney – Ronaldo et par un Giggs qui, du haut de son 800e match chez les Red Devils, se montrait toujours aussi fringant (but refusé pour le Sorcier gallois a la 78e ) a été éblouissant.
Pour en revenir à la rencontre, disons qu'il n'y a pas eu de round d'observation entre les deux ogres du championnat anglais. La mise en scène de l'UEFA, visant à rappeler que la finale de la C1 est prévue à Rome cette saison, était pleine d'à-propos. Avec musique de péplum et travées remplies à ras bord de spectateurs bruyants, Il ne manquait que le sable sous les pieds des 22 rétiaires pour évoquer l'ambiance gladiateur. Le « Believe » affiché en larges caractères par le public d'Old Trafford seyait à merveille aux intentions locales, qui s'illustraient pleinement à la 16e minute, avec ce tir de Tévez détourné in extremis par Almunia. A la suite du corner, le ballon revenait côté opposé pour Carrick qui s'en allait trouver les limites du terrain pour centrer. Dévié par Silvestre (le Français a été très bon) pour arriver dans les pieds de O'Shea seul aux six mètres, le ballon s'en trouvait catapulté sous la barre par l'Irlandais qui fêtait son anniversaire (il aura 28 ans demain) de la plus belle des manières.
En guise de bougies, ce sont les jaunes d'Arsenal qui ont été soufflés part la tornade rouge. Les compartiments offensifs comme défensifs des Mancuniens broyaient les velléités timides des Gunners égarés sur le terrain. Almunia eut le temps de signer plusieurs arrêts de grande classe avant que M. Larsen ne signale le repos. Les chants se succédaient dans les tribunes. Les passes et les mouvements dangereux se succédaient sur le terrain. Dans les deux cas l'origine était toujours mancunienne. La deuxième période ne dérogeait pas à la règle. Un Van Der Sar dés½uvré a bien vu la frappe d'Adebayor à l'heure de jeu, mais le buteur togolais était bien loin de son éclat habituel affiché ces dernières semaines. Terni qu'il était par une muraille rouge jamais lézardée. Même si aucun but n'allait être marqué lors de la demi-heure restante, le match réservait encore quelques magnifiques scènes, comme l'entrée de Giggs, légende discrète saluée comme il se doit par un public hallucinant, où la terrible frappe de Ronaldo (67,68e).
Le Portugais a d'ailleurs signé six efforts lors de ce match dont quatre cadrés, alors qu'Adebayor n'a tiré qu'une fois au but. Dans le même registre, les 68 passes réussies de Fabregas n'ont pas pesé lourd. Du versant analytique, ce match écrasé par le talent mancunien, n'octroie qu'un léger avantage à son vainqueur. En effet, malgré son immense talent, Manchester United ne partira finalement à Londres qu'avec un petit coup d'avance, et sur l'échiquier européen, l'histoire nous a montré que ce n'est jamais le garant d'une qualification. Loin de la table de dissection et des considérations comptables triviales, on a juste envie de se souvenir de ce match, de le savourer, et de voir le même dans une semaine.
LA DÉCLARATION :
John O'Shea : «Leur gardien a fait quelques arrêts fantastiques, car nous aurions dû marquer beaucoup plus de buts après la première mi-temps que nous faisons. Mais nous pouvons être contents. Nous sommes plus que capables de marquer à l'extérieur. Mais c'est tout sauf fini. On a essayé de quadriller le terrain autant que possible, de laisser Arsenal sous pression. Cela a très bien fonctionné, notamment en première période. Arsenal est une bonne équipe, qui sait bien garder le ballon. C'est dur de le leur prendre. Lors du match retour, il faudra s'améliorer sur la conservation de balle.»
Le film du match
